6 astuces pour retirer votre argent sans impôt ou presque

Non, l’argent placé sur votre assurance vie n’est pas bloqué! Vous pouvez y puiser quand bon vous semble en effectuant ce que l’on appelle un rachat partiel. Vous récupérez une partie de votre épargne, mais votre contrat continue d’exister et de générer des intérêts sur le capital restant. Vous hésitez, de peur de devoir payer des impôts? Pas d’inquiétude ! D’abord, vous pouvez peut-être retirer en exonération totale d’impôt. Ensuite, lorsqu’elle s’applique, la fiscalité est assez limitée.

1 – Privilégiez vos anciens contrats d’assurance vie

Si vous detenez un vieux contrat d’assurance vie, les intérêts générés par les sommes investies avant le 1er janvier 1998 sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu.

2- Faites vos calculs et profitez au maximum de l’abattement fiscal

Pour les versements effectués après et jusqu’au 27 septembre 2017, la fiscalité est allégée en cas de retrait au moins 8 ans après la souscription du contrat: les intérêts ne sont imposés qu’à 7.5% après un abttement de 4 600€ si vous êtes seul(e) ou 9 200€ si vous êtes en couple.

Un abattement de 4600€ signifie que vous pouvez retirer beaucoup plus d’argent sans impôt. En effet, sur la somme retirée, seule la partie intérêts est imposable.

Lire: Assurance vie: puis-je retirer mon argent sans payer d’impôt?

Exemple: Vous avez ouvert votre contrat d’assurance vie avec 10000€. Quinze ans plus tard celui-ci vaut 25000€. La part des intérêts est donc de 25000 – 10000 = 15000€, soit 60% de la valeur totale de votre contrat.

Si vous retirez 5000€, la compagnie d’assurance appliquera la même proportion: 60% d’intérêt. C’est à dire que sur 5000 euros retirés, il y aura 40% de capital et 60% d’intérêts. Soit 5000 x 60% = 3000 euros d’intérêts taxables.

L’abattement étant de 4600€ pour une personne, vous n’aurez aucune imposition (les prélèvements sociaux CSG, CRDS restent dûs).

Votre banquier ou votre assureur peut vous aider à faire le calcul pour bien utiliser votre abttement.

3- Entre deux contrats de moins de 8 ans, piochez dans le moins taxé

Si vous detenez deux contrats de moins de 8 ans, il vaut mieux privilégier la sortie des contrats plus récents: “entre 2 contrats de moins de 8 ans, l’un souscrit avant septembre 2017, l’autre après, mieux vaut privilégier la sortie du plus récent: les intérêts sont imposés à 12,8%. En revanche si vous avez fait desversements sur les contrats antérieurs, en cas de sortie entre 4 et 8 ans, ils sont imposés à 15%”, nuance Florence Brau Billod, présidente de Patrimoine SA à Marseille.

4- Privilégiez les retraits sur les contrats les moins performants

Lisez les documents remis par votre compagnie d’assurance: ils vous indiquent la valeur de votre contrat et le montant cumulé des produits, c’est-à-dire des intérêts. Pour savoir quelle est la proportion de capital et d’intérêts, divisez le montant des produits par la valeur du contrat. Si vous détenez deux contrats, réalisez la même opération sur les deux. Si vous ne pouvez profiter des abattements, choisissez le contrat le moins performant: vous aurez moins d’intérêts dans la part retirée et donc moins d’impôts à payer.

Lire aussi: Assurance-vie et succession: deux avantages à retenir

5 – Scindez vos rachats sur 2 années civiles pour profiter de deux abttements

Sur les contrats de plus de 8 ans, pour profiter pleinement des abattements annuels de 4 600€ (ou 9 200€ si vous êtes en couple), scindez votre retrait.

Exemple: vous détenez un contrat d’assurance vie de 320 000€ comprenant 80 000€ d’intérêts cumulés (soit 25%). Si vous souhaite retirer 50 000€, la part d’intérêts est de 12 500€ (25%). Le reste, c’est du capital, non imposable.

L’astuce: pour éviter de payer un impôt sur la somme dépassant 9 200€ (si vous êtes en couple), vous pouvez ne retirer que 30 000€ in 2022 et 20000€ in 2023. Résultat : aucun impôt à payer.

6 – Prélèvement forfaitaire ou impôt selon vos revenus… optez pour le plus faible

En cas de rachat imposable, vous avez le choix entre l’application du prélèvement forfaitaire ou l’imposition des intérêts, à inscrire dans votre déclaration de revenus. Vos intérêts acquis subiront donc la tranche d’imposition la plus élevée qui s’applique à vos revenus (appelée la tranche marginale d’imposition).

Pour les versements effectués avant 2017, le prélèvement forfaitaire est de 15% si votre contrat a entre 4 et 8 ans ou de 7.5% s’il a plus de 8 ans.

Pour les versements effectués après septembre 2017, le prélèvement forfaitaire est de 12.8%.

La logique veut que vous choisissiez l’imposition sur le revenu si votre tranche marginale est inférieure à ces taux forfaitaires. “Toutefois, attention si vous êtes non imposable, déclarer vos revenus d’assurance vie dans vos revenus peut vous rendre imposable et donc non éligible à certain aides. Ou vous faire passer dans la tranche supérieure‘, prévient Florence Brau Billod. Si vous êtes à la limite d’une tranche d’imposition (10 430€ de revenus annuels pour être non imposables, entre 10 430 et 26 591€ annuels pour être imposé à 11%), il peut être judicieux d’opter malgré tout pour le prélèvement forfaitaire.

Bon à savoir: pour faire votre choix, vous pouvez demander à votre banque ou à votre assureur de calculer le montant des intérêts soumis aux différents taux d’imposition. Il faut s’y prendre suffisamment à l’avance !

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