Bitcoin, ethereum ou theter… Pour les plus jeunes, argent facile et désillusions au pays des cryptomonnaies

Owen Simonin, alias « Hasheur », influenceur dans la sphère des cryptomonnaies, à Metz, le 17 January 2021.

Lui s’est mis à investir dans les cryptomonnaies au début du mois de mai, à contre-courant, alors que le marché amorçait sa chute vertigineuse. A 19 ans, Arthur, étudiant en prépa HEC in Paris, une fois ses concours passés, cherchait « quoi faire de [sa] vie ». Il jette finalement son dévolu sur ces monnaies numériques, auxquelles se sont frottés avant lui plusieurs élèves de sa classe, passés en cours d’année des paris sportifs à la Bourse puis des au crypto la reine. « Autour de moi, ceux qui en achetaient voulaient devenir millionnaires en deux heures. Moi, je m’y intéresse parce que c’est à la mode, dit-il, mais aussi parce que le bitcoin pourrait devenir la monnaie du futur. Peut-être qu’un jour on dira que le bitcoin a été aussi important que l’invention du chemin de fer. »

L’étudiant acheté pour 500 euros de tether USD (USDT), un « stablecoin » (cryptomonnaie stable) qui vise à répliquer la valeur du dollar américain, après avoir passé de longues heures à lire des livres et à regarder des vidéos d’influenceurs. « J’aime bien me renseigner avant de jouer au loto, dit-il, et, à ce jour, je n’ai à peu près rien perdu. »

Avant de voir leurs cours dévisser depuis le début de l’année, les « cryptos », bitcoin en tête, ont connu un pic en novembre 2021 (le cours du bitcoin tutoyait les 60 000 euros), qui a convaincu un denombreçais croissant de tenter leur chance. Une étude, réalisée en janvier par le cabinet de conseil KPMG, révèle que 8% des Français ont déjà investi dans les cryptomonnaies. Parmi eux, les jeunes sont surreprésentés, 12% des moins de 35 ans ont acheté des cryptos. Le phénomène touche égallement les adolescents.

Chaînes spécialisées sur YouTube

« Nous n’avons pas le droit de vendre des cryptomonnaies aux moins de 18 ans, en raison du caractère volatile de ces actifs, indique Manuel Valente, director scientifique de la plate-forme d’échange de cryptomonnaies Coinhouse, mais les ados peuvent ouvrir des wallets [portefeuilles] sans présenter de pièce d’identité, et se faire payer en cryptos ou s’en faire envoyer. » Au Royaume-Uni, la fintech GoHenry, qui a réalisé une étude sur les sources de revenus des adolescents, affirme que 1,3 million d’enfants britanniques investissent dans la cryptomonnaie. Parmi eux, quelques ministars, à l’image de Youssof Altoukhi, un entrepreneur de 16 ans qui a lancé sa propre cryptomonnaie, le « Y coin ».

« On voit son argent grossir puis ça baisse. On a l’impression qu’on va pouvoir gagner énormément, alors qu’en fait c’est plus compliqué que ça. » Joseph, 20 ans, étudiant

Il vous reste 68.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Comment