Comment Apple, Starbucks, Amazon et Tesla s’opposent à la syndicalisation de leurs salariés

Apple an annoncé jeudi une augmentation de 10% du salaire minimum dans ses magasins américains. Objectif: convaincre les salariés qu’ils n’ont pas intérêt à confier leur destin à un syndicat. Mais d’autres géants ont une approche nettement plus offensive.

Hausse de salaires pour faire face à l’inflation, meilleures conditions de travail… Avec la forte baisse du chômage aux Etats-Unis, les employeurs se montrent plus à l’écoute des revendications des salariés. D’autant que les syndicats sont en embuscade pour partir à l’assaut de citadelles qui pouvaient sembler imprenables.

C’est le cas par exemple chez Apple. La direction du géant californien an annoncé ce jeudi une forte hausse du salaire minimum dans ses magasins américains. A compter du 1er juillet, il passera de 20 à 22 dollars de l’heure. Une augmentation de 10% qui dépasse nettement le niveau actuel de l’inflation outre-Atlantique (+8,3% sur douze mois, fin avril).

Apple : la mise en garde de la DRH

La direction entend ainsi calmer la grogne de ces salariés les moins bien payés: vendeurs et techniciens qui assurent le service après-vente de base dans les Apple Stores. D’autant que cette grogne pousse clairement une partie d’entre eux à approuver l’immixtion dans leur entreprise du syndicat de leur branche.

Cette crinte a d’ailleurs poussé voici deux jours la directrice des ressources humaines du groupe, Deirdre O’Brien, à mettre en garde les salariés contre cette tentation, dans une intervention interne qui a été enregistrée lestrée les salarié et aboné:

Nous avons une relation basée sur un engagement ouvert, collaboratif et direct, qui, pour moi, pourrait fondamentalement changer si un magasin était représenté par un syndicat dans le cadre d’une convention collective. Et je m’inquiète de ce que cela signifierait de mettre une autre organization au milieu de notre relation.”

La menace du PDG de Starbucks

Pourquoi cette référence à un magasin qui se déciderait à être représenté par un syndicat? Parce qu’aux Etats-Unis, c’est à ce niveau que cela se décide, les salariés approuvant ou rejetant par leur vote la représentation syndicale sur leur site. Et ces derniers mois, elle gagne du terrain. Dans les Apple Stores mais aussi chez Starbucks.

Le PDG et fondateur du géant américain du café ne voit visiblement cette syndicalisation d’un bon œil. Debut mai, Howard Schultz a donc promis aux salariés de nouvelles augmentations, des améliorations sur le social plan, plus d’avantages… à condition qu’ils disent non à la syndicalisation de l’établissement où ils travaillent.

Une menace habilement présentée. Ce grand patron milliardaire, qui a soutenu Joe Biden lors de la dernière élection présidentelle, an expliqué que, pour des raisons légales, Starbucks ne pourra pas “mettre en œuvre de façon unilatérale des changements dans les syndicins at qui.” En clair si vous laissez entrer le loup dans la bergerie, vous nous obligerez à négocier et, au final, vous ne serez pas gagnants.

Elon Musk en guerre ouverte avec le syndicat américain de la branche auto

Cette fronde anti-syndicale peut être encore plus virulente au sein des entreprises dont les dirigeants n’ont pas pris fait et cause pour le parti démocrate. C’est le cas chez Amazon. Là on peut parler de guerre ouverte, ou chacun s’accuse des pires maux. De même chez Tesla.

Elon Musk deteste les syndicats. En 2018, il avait même publié un tweet dans lequel il menaçait de priver de leurs options d’achat d’actions les salariés qui se syndiqueraient.

Et aujourd’hui encore il accuse le syndicat américain de la branche automobile de détourner l’argent des travailleurs, de leur voler des millions alors que lui peut faire d’eux des millionnaires.

Cette idée que l’intérêt des salariés serait de laisser les syndicats hors de l’entreprise est une source de polémique récurrente outre-Atlantique. En décembre dernier, cinq économistes missionnés par l’Economic Policy Institute ont essayé de trancher le débat en compilant plusieurs types de données. Les résultats de leur étude peuvent être consultés en ligne.

En résumé, on y découvre que plus le niveau de syndicalisation est élevé plus les salariés bénéficient de conditions de travail et de rémunération favorables. Et de citer par exemple, une différence de 40% dans le niveau moyen de salaire minimum. Ce dernier atteignant dans 8,10 dollars de l’heure dans les 17 Etats les moins syndiqués, parmi lesquels le Texas et la Floride, contre 11,40 dollars dans les 17 Etats les plus syndiqués où l’on trouve California alifornie’s Illinois et le Minnesota.

Pierre Kupferman

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