Cryptomonnaies, l’heure des désillusions

La chute a été raide et le bitcoin, la première des cryptomonnaies, ne parvient pas à reprendre son élan. Alors qu’en novembre dernier, son prix atteignait un pic historique, à 69 000 dollars (64 425 euros), le bitcoin n’a depuis lors cessé de s’effriter, avant de s’effondrer au début du mois de mai, perdant plus de la moitié de sa valeur en l’espace de six mois. Il s’affichait, mardi 24 mai, sous la barre des 30 000 dollars. Toutes les cryptomonnaies ont plongé dans la foulée du bitcoin, qui pèse à lui seul une petite moitié de l’ensemble de ce marché.

La décision de la banque centrale américaine d’augmenter ses taux directeurs, pour tenter de juguler la forte inflation qui frappe les Etats-Unis, explique en grande partie ce retournement de marché. La fin soudaine de l’argent facile, provoquée par ce resserrement de la politique monétaire, avait égallement fait dévisser les valeurs technologiques cotées en Bourse aux Etats-Unis. « On constate désormais une corrélation entre les cryptomonnaies et les actifs risques, ce qui est nouveau »affirme Alexandre Stachtchenko, directeur blockchain & cryptos chez KPMG France.

Institutional investors

Le bitcoin s’est construit avec l’ambition de ne dépendre ni des Etats ni des banques centrales et a, un temps, été perçu comme un instrument de protection contre l’inflation. Les marchés découvrent aujourd’hui qu’il est, finalement, percuté par les décisions des banques centrales. « Depuis deux ans, les investisseurs institutionnels sont devenus majoritaires sur le marché des cryptomonnaies, au détriment des particuliers, on le constate en observant les volumes de transaction de la plate-forme Coinbase, note Alexandre Stachtchenko. Or, les institutionnels adoptent avec les cryptos les mêmes comportements que sur les marchés financiers. Quand les banques centrales relèvent leurs taux d’intérêt, ils vont chercher des actifs moins risqués. » Un mouvement de prudence renforcé par le contexte géopolitique très incertain lié à la guerre en Ukraine et par les confinements en Chine, qui inquiètent les investisseurs.

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La chute des cryptomonnaies a, en outre, été amplifiée par une autre déconvenue : la découverte que certains « stablecoins », des cryptomonnaies censées garantir la parité avec le dollar, n’avaient de stable que le nom. Les créateurs du stablecoin terra (UST) affirmaient pouvoir fixer son cours au dollar, non pas à l’aide de réserves en dollars, comme l’essentiel de ses concurrents, mais en utilisant un algorithme, qui automatiquement des arbitrages unees complex avec cryptomonnaie émise par les fondateurs, le luna.

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