Dans le Gers, la pénurie de vétérinaires ruraux met les filières d’élevage en péril

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Comment assurer la pérennité des filières d’élevage sans vétérinaire ? Le conseiller départemental Bernard Ksaz est à l’initiative d’un groupe de réflexion sur le sujet qui se réunira à la fin du mois de mai.

L’élu de Gascogne Auscitaine Bernard Ksaz a émis le vœu, lors du dernier conseil départemental, qu’un dialogue se mette en place autour du futur de la médecine vétérinaire rurale, maillon essentiel pour l’élevage gersois.

Bernard Ksaz, pourquoi avoir soulevé cette question ?

À titre personnel, j’ai des animaux de compagnie, et des proches qui travaillent dans l’élevage bovin. J’ai pu voir le nombre de vétérinaires diminuer dans le Gers, et le sujet de fond que cela constitue. Ces 5 dernières années, 42 vétérinaires ruraux ont cessé leur activité. Ils ne sont plus que 18 aujourd’hui. Ce sont des auxiliaires essentiels de l’élevage. Cela concerne toutes les filières : avicole, bovine, ou équine.

Peut-on évaluer l’impact de cette érosion des effectifs ?

Pour le moment, nous en sommes aux prémices. On sait que telle ou telle zone est plus ou moins bien couverte par un vétérinaire. Une réunion est prévue le 30 mai avec les filières, les vétérinaires, près de Marciac pour savoir si ce qui est identifié correspond à une réalité. Elle va intégrer des éleveurs, des vétérinaires, et l’assistance de l’école vétérinaire de Toulouse. Il s’agit aussi de réaliser un diagnostic territorial, de cartographier le Gers en matière de besoins, de manques. On sait que l’élevage bovin se concentre dans le sud du département, mais le problème concerne toutes les filières, on le voit avec la crise sanitaire qui frappe les volailles.

“Ces 5 dernières années, 42 vétérinaires ruraux ont cessé leur activité. Ils ne sont plus que 18 aujourd’hui”

La présence de vétérinaires at-elle un impact économique ?

Oui, cela peut remettre en question la qualité des produits, on le voit avec la filière avicole. Économique et sanitaire sont liés. Quand vous essayez de faire la promotion d’une production locale, il faut considérer l’ensemble de la filière, et le vétérinaire en fait partie. Il ya d’un côté le sanitaire administratif, qui intervient a posteriori ou sur des contrôles. Il est complémentaire du vétérinaire rural, qui agit en préventif. Or, comme l’élevage n’est pas le point fort du Gers, le département n’est pas assez attractif face à des zones comme l’Aveyron, ou le Cantal.

Quelles pistes existent pour inverser la tendance ?

Il faut en discuter avec l’école vétérinaire de Toulouse. On observe déjà un consensus de bon augure des forces politiques sur le problème, qui dépasse les clivages de partis. Le budget ne nous permet pas de mettre en place un service public de vétérinaires. Et le métier a beaucoup évolué : il s’est féminisé, et on trouve peu de volontaires pour les interventions de nuit, le week-end… Il faut sans doute réfléchir à un service de permanence, une sorte de garde.

La réunion de mai n’est donc qu’un point de départ?

Oui l’enjeu c’est le diagnostic. Il faut démarrer pour dégager des pistes. Mais nous devons avancer sur des dispositifs concrets. On a pris du retard sur un dossier compliqué, qui a un impact important sur l’économie du Gers.

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