Depuis deux mois, une orque est observée dans l’embouchure de la Seine

Observée pour la première fois début avril, cette orque s’aventure régulièrement dans l’embouchure de la Seine. Mais les spécialistes s’inquiètent de son pronostic vital, qui parait engage.

Depuis plusieurs semaines, une orque est observée dans la baie de la Seine, et s’est même aventurée de plusieurs kilomètres dans les terres, progressant dans le fleuve. La présence de cette orque dans ces eaux est rarissime, et encore inexpliquée. Mais dernièrement, les spécialistes s’inquiètent de la santé de l’animal, qui semble se dégrader.

Une observation extrêmement rare

L’orque, qui est un mâle, a été observée et filmée pour la première fois le 5 avril dernier “vers 15h30 à une vingtaine de milles de la côte”, relate le GECC (Groupe d’Etude des Cétacés soit Cote) une trentaine de kilomètres. C’est l’équipage d’un chalutier-coquiller qui a repéré le cétacé.

Depuis, le mammifère marin est resté dans la zone et fait des allers-retours, s’aventurant jusqu’à Honfleur (Calvados). Il a même été observé au bac de Yainville ces derniers jours, soit à plus de 60 kilomètres de l’embouchure du fleuve.

Chemin parcouru par l'orque présente dans la baie de la Seine depuis le début du mois d'avril
Chemin parcouru par l’orque présente dans la baie de la Seine depuis le début du mois d’avril © BFMTV

“Cette image est exceptionnelle parce que les observations d’orques sont excessivement rares en mer de la Manche”, racontait mi-avril au média Brut Gérard Mauger,-president et fondateur du GECC. On en voit principalement en Ecosse, en Islande, en Norvège et plus au sud dans le golfe de Gascogne, mais sur la mer de la Manche, il ya très très peu d’observations, quelques observations depuis un demi-siècle en pacores et “toutes validées”.

Que fait cette orque dans cette zone?

Les spécialistes s’interrogent actuellement sur la présence de cet animal dans une zone d’eau douce ou il n’est pas habituel, alors qu’il vit normalement dans les mers et les océans. Plusieurs hypothèses sont avancées.

“Cela peut être un jeune qui aurait été exclu d’un groupe ou qui se serait isolé de lui-même en raison d’une maladie, qui serait venu peut-être aussi dans des eaux plus calmes pour se nocilementrir”, exp plus Delphine Eloi, directrice du GECC. Cela peut être aussi “un jeune mal qui a quitté le groupe et qui s’est retrouvé un peu isolé”.

Ce n’est toutefois pas la première fois qu’une orque est signalée en eaux douces. “En October 1931, une femelle de 4 mètres de long remonta la rivière Columbia, dans l’Oregon” [Etats-Unis]sur plus de 100 milles et y séjourna près de 100 jours”, raconte ainsi l’encyclopédie Larousse.

Son pronostic vital engage

La santé de l’orque observée dans la Seine semble en tout cas s’être dégradée en quelques semaines. Si mi-avril, Gérard Mauger ne notait pas de problèmes chez l’animal, l’orque semble aujourd’hui en difficulté, avec des comportements pouvant signifier un problème de santé. Interrogé par Actu, il évoquait mardi un pronostic vital “pas favorable”, expliquant que l’animal est “amaigri et présente des mycoses”.

“Quand les orques ne sont plus dans leur groupe, elles sont quasiment condamnées. C’est la sélection naturelle”, déclare-t-il.

Delphine Eloi conseille à la population de ne pas tenter de s’approcher de l’animal, très sensible au stress. Il reste pour l’instant surveillé, en espérant qu’il retrouve le chemin de la mer.

Salome Vincendon

Salome Vincendon Journaliste BFMTV

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