Geoffrey Blancaneaux, qualifié pour le tableau final de Roland-Garros, revient de nulle part

Depuis le début des qualifications lundi à Roland-Garros, le court n°14 a été le théâtre de nombreux retournements de situation. Les scénarios à coucher dehors et les folles remontées ont défilé toute la semaine dans la chaleur de la Porte d’Auteuil. Mais vendredi, entre les gouttes, Geoffrey Blancaneaux est sans aucun doute celui qui revenait de plus loin. Pas d’un point de vue comptable, tant son duel contre l’Allemand Daniel Masur au troisième et dernier tour a viré à la démonstration (6-1, 6-3 en 1h08). Non, à 23 ans, il revenait d’encore plus loin.

« Ça fait quelque choseavouait d’une voix chancelante son père, Michel, en voyant le 198e joueur mondial entamer son tour d’honneur avec le drapeau français sur le dos. Il le mérite. C’est la récompense de quinze années de travail pour lui, avec six dernières années difficiles. » Vainqueur du tournoi Juniors en 2016, en battant notamment en finale le Canadien Félix Auger-Aliassime (actuel 9e joueur mondial), Blancaneaux a ensuite eu toutes les peines du monde à confirmer. Classé 569e fin 2018, il a pensé à tout arrêter, loin des espoirs suscités par son titre. « Il ya un an, il ne savait quasiment plus jouer au tennis, il ne rentrait pas une ballese souvient son entraîneur Xavier Le Gall. On était au bout du monde et il ne gagnait pas un match, dans le dur mentalement. »

Fucsovics sera son adversaire au premier tour

Une description très éloignée du joueur qui semblait marcher sur l’eau vendridi sur la terre battue parisienne. « Il a toutes les lignes avec lui », s’exclamait le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis Sébastien Grosjean, l’un des 2 200 spectateurs qui assistaient à la renaissance du seul Français à être sorti des qualifications. En pleine confiance et rapidement devant, il déclenchait une ola en fin de première manche après un passing de revers à une main, alors qu’il le joue normalement à deux mains. « Dès que j’ai mis un pied sur le terrain, j’ai senti l’ambiance particulière, racontait-il après son succès. J’ai adoré ce moment. Je voulais qu’il dure des heures et des heures. »

Libéré d’un poids en décembre dernier grâce à son premier succès en Challenger au Portugal, Blancaneaux, cheveux longs et bandeau blanc sur la tête, n’aura tremblé qu’une demi-fois. Sur sa première opportunité de plier la rencontre, il ne laissait pas filer une balle qui semblait sortir. Malgré une deuxième cartouche, il lâchait sa mise en jeu et un soupçon de scénario catastrophe traversait le court n°14. Sans atteindre toutefois la confiance du Français. « Ça n’a pas trotté dans ma tête, je maîtrisais le match et j’étais prêt à tenir plus longtemps que lui s’il le fallait. » L’occasion ne se présentera jamais, Blancaneaux rejoignant au premier tour le Hongrois Marton Fucsovics, 55e joueur mondial, sur sa troisième balle de match. « J’en suis à trois victoires, il en reste encore sept si je veux soulever le trophée », lâchait-il dans un sourire qui ne semblait plus vouloir le quitter.

Geoffrey Blancaneaux, durant son troisième tour de qualifications.  (S. Boué/L'Équipe)

Geoffrey Blancaneaux, durant son troisième tour de qualifications. (S. Boué/L’Équipe)

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