Immobilizer. Faut-il acheter avant que les taux soient encore plus élevés ?

La courbe des taux des crédits immobiliers est orientée à la hausse depuis cinq mois. Est-on entré dans une nouvelle ere après des années de taux bas? Quelles peuvent être les répercussions ? Voici des éléments de réponses.

Les taux repartent à la hausse

GVrai

Les taux des crédits immobiliers, toutes durées confondues, atteignent 1,27% en moyenne en avril (hors frais et assurances), selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Ils étaient à 1,06% en décembre dernier. On reste néanmoins à un niveau proche de celui des cinq dernières années. Depuis fin 2016, les taux moyens oscillent entre 1,35 et 1,05. Loin des 5 % enregistrés fin 2008. Mais la hausse actuelle ne devrait pas s’arrêter là.Les taux pourraient atteindre 1,75 à 1,80 % à la fin de l’année », ​calcule Michel Mouillart, économiste spécialiste du logement.

L’envolée des taux est due à l’inflation

Vrai

Les prix ont augmenté de 4,8% en avril sur un an. Pour ralentir la flambée, la Banque centrale européenne (BCE) compte accroître, cet été, ses « taux directeurs ». Ce sont les taux auxquels elle prête aux banques, ​analyse Philippe Crevel, le directeur du Cercle de l’épargne. Aujourd’hui, ils sont à zéro. ​En les augmentant, la BCE va freiner le crédit, donc ralentir l’activité économique, ce qui signifie moins de demande de matières premières, donc une baisse des prix. Mais cela aura des répercussions pour l’immobilier.Pour se financer auprès de la BCE, les banques paieront plus cher, ​Poursuit Philippe Crevel. Elles demandernt donc un taux d’intérêt plus élevé aux emprunteurs.

Les taux vont rattraper l’inflation

Faux

Théoriquement, les taux d’intérêt devraient égaler l’inflation, afin d’éviter une érosion du capital prêté. Dans les faits, la hausse des taux sera très progressive, ​estime Michel Mouillart. Sinon, le risque serait de casser totalement la croissance. Par ailleurs, la BCE anticipe un apaisement de l’inflation en 2023. Elle serait autour de 2%. ​En attendant, les taux d’intérêt devraient rester cette année largement inférieurs à l’inflation, ce qui ne s’était jamais constaté depuis les années 1960″.

Le nombre de crédits s’accroît

Faux

Si on considère les taux inférieurs à l’inflation et la perspective de leur augmentation, même lente, au cours de l’année, il vaut mieux emprunter maintenant que plus tard. Mais les banques ne raisonnent pas seulement en termes de taux,​nuance l’animateur de l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Elles doivent aussi se conformer aux nouvelles règles du Haut conseil de stabilité financière, relevant de Bercy. ​Désormais, le remboursement des emprunts ne doit pas excéder 35% des revenus. Or, un tiers des emprunteurs supportait un taux d’effort supérieur à ce taux. Pour entrer dans les clous, les banques exigent des apports personnels de plus en plus élevés. Une partie des foyers ne peut donc plus réaliser son projet : ménages modestes, familles avec enfants, jeunes en accession à la proprieté… ​A cela, s’ajoute l’inflation qui rogne le pouvoir d’achat. Si bien que le nombre de prêts accordés a chuté de 14,5% en avril sur un an.

Les emprunteurs sont de plus en plus aisés

Vrai

Si le nombre d’emprunts octroyés chute, le volume prêté reste, lui, en hausse. 25,1 milliards d’euros de crédits nouveaux ont été accordés en avril contre 24,8 milliards en mars, selon la Banque de France. Autrement dit, il ya moins d’acheteurs, mais ils achètent plus grand et plus cher. La part des ménages plus aisés se renforce », ​note Michel Mouillart. De sorte que le marché est florissant. L’appétit pour la pierre n’est pas terminé, ​écrivent les notaires. La pénurie de biens à vendre le montre. ​Les transactions dans l’ancien (1,2 million sur douze mois) se stabilisent à un niveau élevé. Et les prix grimpent : +4 % pour les appartements et +10 % pour les maisons sur un an.

Immobilizer. Faut-il acheter avant que les taux soient encore plus élevés ?

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