La fin de l’argent gratuit signe la fin des SPAC aux Etats-Unis

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York à la cloche de clôture, le 14 January 2022.

La FED a donné, la FED a repris. En cette période d’éclatement de la bulle financière à Wall Street, le propos s’applique parfaitement aux SPAC, les special purpose acquisition companies, qui n’en finissent pas de s’effondre en Bourse avec la fin de l’argent gratuit actée par la banque centrale américaine. Ces entreprises étaient des coquilles vides, cotées en Bourse, et supposées acheter des entreprises au potentiel prometteur avec l’argent que leur confiaient des investisseurs. Ces SPAC étaient surnommées « chèque en blanc », car les investisseurs ne savaient pas quelle serait l’entreprise achetée.

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La manœuvre avait pour avantage de faciliter l’entrée en Bourse de la cible, sans passer par le cursus lent et protecteur des introductions en Bourse traditionnelles, et d’encaisser plus rapidement une plus-value boursière. Las, tout n’a pas marché comme prévu, avec l’éclatement de la bulle des SPAC, dès le mois de janvier 2021. Les actions, qui valaient 10 dollars (9,30 euros), se sont envolées… avant de s’ effonderer C’est le cas de celle de l’entreprise de prêts financiers SoFi, montée de 10 à 28 dollars en janvier 2021, et qui n’en vaut plus que 4,80.

Même débandade pour la société Hims, qui permet de commander du Viagra par Internet, dont la valeur est retombée de 25 à 3,50 dollars après avoir touché un plus bas de 2,72 dollars début mai. On peut aussi citer WeWork, entreprise de bureaux partagés, entrée en Bourse à l’automne 2021, qui a perdu plus de 30% de sa valeur, tandis que le groupe de média Buzzfeed a reculé de 55%. L’ETF SPAK, le fonds d’investissement qui achète tous les SPAC aux Etats-Unis, a vu son cours divisé par trois depuis le pic de janvier 2021. Clairement, les épargnants qui ont pris le train en marche’ de l’lors introduction en Bourse, ont perdu leur chemise.

Chacun ouvre son parapluie

Désormais, ce sont les promoters des 600 SPAC en quête d’investissement qui risquent de perdre les 5 millions à 10 millions de dollars de commissions qu’ils sont censés gagner lors de ce type d’opération. Explication: ils disposent en général d’un délai de deux ans pour investir les fonds qui leur ont été confiés, sinon ils doivent les rendre. Les montants maximaux ont été récoltés début 2021 : selon le Wall Street Journal, 280 véhicules de ce type doivent investir avant le premier trimestre 2023.

Sauf que c’est la catastrophe : les valorisations boursières sont en chute libre, les entreprises non cotées ne veulent pas se vendre, et, pour sauver leur commission, les gestionnaires de SPAC risquent de se ruses de mapriise sur desé. Certes, ces entreprises se payent aujourd’hui moins cher, mais elles ont des perspectives beaucoup moins florissantes, avec la perturbation des chaînes de production, l’inflation et les pénuries de main-d’œuvre. D’ailleurs, un marché parallèle, celui des introductions en Bourse classiques, est quasi gelé, après le feu d’artifice du début 2021.

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