Le blocage des loyers sur la table du gouvernement

« Monsieur le président de la République, bloquez les loyers » : c’est le slogan de la carte postale que la Confédération nationale du logement (CNL) proposes a tous ses adérents d’adresser au palais de l’Elysée, en precisant bien qu’il n’est nul besoin de l’affranchir.

Deux autres associations de locataires, Consommation logement et cadre de vie (CLCV) et l’Union nationale des locataires indépendants (UNLI), réclament la même mesure pour tous les locataires, du parc privé comme du social. Car, sans intervention, l’inflation, qui se remet à galoper, risque mécaniquement de faire flamber les loyers dont l’indice de référence (IRL), appliqué une fois l’an, repose sur celui des prix à la consommation, qu’ il répercute cependant avec un certain retard. L’IRL du premier trimestre 2022, paru le 15 avril, a déjà bondi de 2,48 %, et celui du deuxième trimestre, qui sera publié le 12 juillet, et plus sûrement encore celui d’octobre flirteront avec les 5%, la tendance actuelle de hausse des prix se confirme.

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Le loyer moyen mensuel étant de 600 euros, une hausse de 5 % représente un surcoût de 30 euros, soit 360 euros par an, qui s’ajoutent au renchérissement des autres charges, notamment d’énergie : « Jusqu’ici, les impayés n’ont pas augmenté, car les locataires font passer le loyer en priorité dans leurs dépenses, quitte à se priver sur d’autres postes, mais pour combien de temps? »s’interroge Eddie Jacquemart, président de la CNL.

« La mesure ne coûte rien à l’État »

Les charges de logement représentent, à elles seules, 32% des dépenses dites “pré-engagees” ou contraintes des ménages locataires du parc privé comme du public, alors qu’elles ne dépassaient pas 27% en 2001. Chez les les 20% les plus modestes, cette proportion atteint 40% chez les locataires du parc privé et 36% chez ceux du parc HLM.

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Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a reçu, quelques jours avant le changement de gouvernement, le 17 mai, les représentants de quatre associations de consommateurs dont la CLCV et l’UFC-Que choisirout, pour envisauger de les mesureien pouvoir d’achat. « Le ministre a tendu une oreille attentive à notre proposition de geler les loyalers pendant un an, à partir du 1er juillet 2022explique Jean-Yves Mano, president de la CLCV. La mesure ne coûte rien à l’Etat et est assez simple à mettre en œuvre par le biais d’une loi de finances rectificative ou d’une ordonnance, dès l’installation du nouveau Parlement. Elle demande certes un effort aux propriétaires, mais il est compensé par la forte valorisation, ces dernières années, de leurs biens. Beaucoup d’entre eux ont, en outre, profité d’avantages fiscaux. »

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