Le Portugal, un paradis fiscal en sursis pour les cryptomonnaies

À partir d’un vide juridique qui a largement trouvé son écho à l’étranger, le Portugal a fait le plein de cryptophiles ces dernières années. “Les gains non attracting, favorable la réglementation et le régime if pour les étrangers ont attiré de nombreux investisseurs”constatait en début de mois Expressoau détour d’un podcast appelé à déterminer si le pays était un “paradis pour les cryptomonnaies”. Il l’était sans aucun doute et l’est encore, mais son ciel vient sérieusement de s’assombrir.

Ce jeudi 19 mai, Fernando Medina, le ministre socialiste des Finances, a confirmé lors d’un point presse l’intention du gouvernement de légiférer à ce sujet. “Nous n’allons pas maintenir ce vide”at-il assure, soulignant qu’un nouveau cadre légal serait présenté “le plus rapidement possible”. Au grand dam du Néerlandais Didi Taihuttu, patriarche de la célèbre “family Bitcoin”qui a bâti sa fortune sur la reine des cryptomonnaies et qui présentait en début d’année le Portugal, où il venait de s’installer, comme “le paradis des Bitcoiners”.

Un premier appartement en bitcoins

Une nouvelle législation fiscale appelée de ses vœux par Mariana Mortágua. Le 13 mai au Parlement, la députée du Bloc de gauche, en dressant un parallèle avec les taxes sur l’électricité ou le travail, s’était fendue pour sa part de qualifier le Portugal d’“authentique offshore des cryptomonnaies”, le pays étant l’un des rares en Europe à ne pas imposer les actifs virtues. Dans une tribune au site EcoHenrique Corrêa da Silva, président de l’Instituto New Economy à Lisbonne, appelle toutefois à ne pas verser dans la “démagogie politique” :

“Les crypto-actifs doivent être taxés, mais de manière stratégique, en contribuant au développement de cette industrie émergente qui a transformé le Portugal en l’un des centers mondiaux de l’économie numérique.”

L’exécutif PS a déjà fait savoir qu’il veillerait à l’équilibre entre “équite” fiscale et “competitivité” internationale du pays. En attendant, les investissements en cryptomonnaie gagnent du terrain. Au début du mois de mai, un appartement d’une valeur de 110 000 euros a été acheté 3 bitcoins à Braga. Une première, rapporte CNN Portugal.

De “la ruée vers l’or” à un “crash titanesque”

“Les cryptomonnaies et le Portugal : la nouvelle ruée vers l’or ? ”s’interroge Ramon O’Callaghan dans le Journal de Negócios. Au jeu des comparaisons, le doyen de la Porto Business School rappelle que l’or est une valeur refuge vieille de 6 000 ans qui remonte à l’Égypte ancienne, tandis que de nombreuses cryptomonnaies ont récemment été con cures a cérées autres, diminuant ainsi la note de rareté. Et de conclure :

“L’avenir des cryptomonnaies est donc encore spéculatif et incertain”. Mais on ne peut nier la puissance de la technologie blockchain, qui est là pour durer.”

Blockchain ou pas, c’est tout l’écosystème que l’économiste Maria João Marques remet en cause dans une chronique au vitriol pour Públicod’autant plus depuis l’effondrement du marché des cryptomonnaies auquel on assiste depuis plusieurs semaines :

“Les cryptomonnaies (qui ne sont pas des monnaies) sont des instruments financiers, par ailleurs peu intéressants, sauf pour échapper à l’impôt et alicenter le crime organisé. L’existence irréelle des cryptomonnaies est telle que même un crash titanesque n’a pas pincé l’activité économique.”

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