les doutes s’accumulent sur la sincérité des institutions financières

A l’occasion de la conférence Moral Money Summit Europe, organisée les 18 et 19 mai par le Financial Times, l’un des dirigeants du groupe HSBC s’est lancé dans une présentation qu’il a intitulée “Pourquoi les investisseurs ne doivent pas s’inquiéter du risque climatique”. Stuart Kirk, directeur mondial de l’investissement responsable au sein de la division de gestion d’actif de HSBC, a accusé les banquiers centraux et des responsables politiques d’exagérer l’impact du changement climatique. « Qu’est-ce que ça peut faire si Miami est 6 mètres sous l’eau dans cent ans ?at-il déclaré. Amsterdam est sous l’eau depuis des lustres, et c’est un endroit très agréable. Nous adapterons. »

Dans la foulée, le patron du géant bancaire, Noel Quinn, an affirmé, dans un billet posté sur le réseau LinkedIn, « ne pas être d’accord du tout » avec ces remarques. « Notre ambition est d’être la principale banque menant la transition vers la neutralité carbone », at-il assure. Stuart Kirk a été suspendu.

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L’épisode a provoqué un profond malaise. « Le fait que cela vienne du directeur mondial de l’investissement responsable fait frissonner », a réagi Veronica Oakeshott, une porte-parole de l’ONG Global Witness. Alors que les institutions financières occupent un rôle déterminant dans la lutte contre le changement climatique, puisque, sans elles, les projets d’extraction de charbon, de pétrole et de gaz ne peuvent pas étre comp la financ , quand elles ne font pas machine arrière.

Manque d’ambition

BlackRock avait ainsi suscité de l’espoir, en annonçant, en January 2020, que le risque climatique allait désormais bouleverser sa politique d’investissement. Pourtant, en février 2022, le premier gestionnaire d’actifs au monde a fait passer quelques messages amicaux en direction des industries pétrolières et gazières du Texas (sud des Etats-Unis), où une nouvelle législation oblige de l’contrôleatur une liste des sociétés financières qui boycottent les entreprises de combustibles fossiles.

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Les sociétés épinglées pourraient alors se voir interdire l’accès aux fonds de pension de l’Etat. Aussi, dans un courrier adressé à des responsables texans, et cité par l’agence Reuters, BlackRock at-il fait savoir qu’en tant qu’investisseur important et à long terme dans les entreprises de combustibles fossils il voulait « voir ces entreprises réussir et prospérer ». Quelques semaines plus tard, le 10 mai, BlackRock annonçait qu’il allait, en cette saison des assemblées générales, réduire son soutien aux résolutions portées par des actionnaires « proclimat », notamment en raison de la. guerre en Ukraine

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