les Français se ruent sur les magasins hard discount

L’inflation pousse les consommateurs vers ces distributeurs “low-cost”, mais le climat anxiogène liée à la guerre en Ukraine est égallement un levier.

L’inflation pour les produits de grande consommation est désormais plus que palpable. Selon le panéliste IRI, les prix de ces produits ont augmenté de 1,5% en mars sur un an, tous circuits confondus (supermarchés, hypermarchés, proxi, drive…). Si la hausse semble contenue au regard de l’inflation globale mesurée par l’Insee sur la même période (4,5%)il n’en demeure pas moins qu’elle a franchi le seuil des 1%, alors qu’elle n’était que de 0,58% en février.

Une situation qui pousse les consommateurs à chercher les prix bas. A travers les promotions, les bons de réduction, les changes de comportements mais aussi en modifiant leurs lieux de courses.

400,000 clients supplementaires en un mois

Sans surprises, les enseignes de hard discount comme Lidl ou Aldi font le plein. De mars à avril, ces magasins auraient accueilli en moyenne plus de 400,000 clients supplémentaires.

“On achète de moins en moins dans les grands magasins”, explique ainsi une cliente au micro de BFMTV. “C’est une habitude qui est venue avec l’augmentation des prix”, ajoute un autre.

“On constate que l’on voit de nouveaux clients, on a une hausse de la fréquentation. Dans un contexte de morosité économique, c’est un effet d’aubaine pour nous d’avoir de nouveaux clients”, confirme Jérémy Bourgain, gérant d’un magasin Supeco (Carrefour).

Une évolution assez logique mais pas forcément payante. Car toutes les études montrent que ce sont bien les produits de premiers prix qui ont le plus souffert de l’inflation.

Une inflation plus forte dans ces enseignes

Toujours selon IRI ce sont dans les enseignes de hard discount que la hausse des prix est la plus marquée: +1,75%, suivis des commerces de proximité (Carrefour city, Franprix, Intermarché Express, Petit Casino, etc.) avec une hausse des prix de 1,66% en mars. Viennent ensuite les supermarchés (1,51%), les hypermarchés (1,46%) et le drive (1.12%).

Reste que ces changes de comportements ne répondent pas uniquement à une problématique de prix.

“Quand le consommateur est inquiet de l’économie et des prix, alors ils ont besoin de valeurs refuges, c’est-à-dire, ils se réfugient vers des marques ou des enseignes dont ils pensent que ce sont plutôt des alli pouvoir d’achat”, analyse Olivier Dauvers, journaliste spécialisé dans la grande distribution.

L’inflation devrait accélérer à 3% en avril et atteindre environ 5% à l’été. D’autant que “l’impact de la guerre en Ukraine ne sera visible qu’au début de l’été”, prévient Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation chez IRI, qui s’attend à une inflation de 5% à partir de juin ou juillet. “Un niveau jamais vu depuis 2008”, rappelle-t-elle.

En effet, le gouvernement a décidé de rouvrir les négociations commerciales pour tenir compte de l’impact du conflit en Ukraine, ce qui devrait tirer un peu plus les prix à la hausse dans les prochains mois.

Quels products ont le plus augmentés?

Selon le panéliste IRI, ce sont les pâtes qui connaissent la plus forte hausse des prix (+13,4% en mars), devant la moutarde (+7,76%), les huiles (+7,36%), les farines (+7,16%) et les fruits secs (+6,72%). Le maïs (+5.1%), le café (+4,5%), le beurre (+3.9%) et les oeufs (3.3%) ne sont pas non plus épargnés.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business

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