L’Étiquette bien-être animal, futur standard européen ?

La France fait-elle figure de pionnière et d’aiguillon en matière d’étiquetage des produits alimentaires ? C’est bien probable. En 2017, sous la houlette de Santé Publique France, elle inventait le Nutri-Score qui, en dépit des dénégations des industriels, essaime dans plusieurs pays européens. A telle enseigne que la Commission européenne pourrait en faire l’étalon de l’étiquetage des produits alimentaires, voué à devenir obligatoire d’ici à la fin 2022.

2017, c’est aussi l’année où était lancé le projet d’une étiquette « bien-être animal » dans la filière poulet, avec à la manœuvre trois associations de protection animale, à savoir Compassion in World Farming France (CIWF France) , la Fondation Droit animal, éthique et sciences (LFDA) et l’association Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) et le distributeur Casino.

Cinq ans plus tard, dix organizations de producteurs et de transformateurs (Arrivé, Cooperl, Galliance, Janzé, Loué…) et six distributors en plus de Casino (Carrefour, Franprix, Intermarché, Lidl, Monoprix, Système U) ont rejoint l ‘initiative.

En 2021, l’étiquetage concernait 90 millions de poulets dont 60 millions de poulets plein air (Label Rouge ou bio) et près de 3 000 éleveurs, selon l’Association étiquette bien-être animal (AEBEA). Son application à la filière porcine est attendue pour la fin de cette année.

Règlement européen prévu d’ici à fin 2023

Il se trouve que dans le cadre de la stratégie Farm to fork, la Commission européenne prévoit, d’ici à la fin 2023, l’instauration d’un label ou système d’étiquetage européen, en vue de renforcer la transparence sur les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux, le tout sur fond d’harmonisation des règles entre les Etats membres.

Selon le Parlement européen, il existe 24 systèmes d’étiquetage relatifs aux conditions de bien-être animal. Et selon l’AEBEA, « l’étiquetage français est le meilleur système en Europe », comme l’a déclaré son président Louis Schweitzer, à l’occasion d’une conférence de presse le 10 mai dernier.

Les arguments de l’Étiquette bien-être animal

Selon l’AEBEA, l’Étiquette bien-être animal répond à toutes les exigences du cahier des charges de la Commission, à commencer par son approche collégiale, associant des représentants de la filière, des producteurs jusqu’à la distribution, en passant par les ONG de protection animale.

Son échelle par niveau (du standard minimal E aux exigences supérieures A), outre l’information synthétique qu’elle fournit, permet aussi de faire progresser l’ensemble des maillons de la filière, chaque structure étant auditée au moins une fois par an par des organisms indépendants

Selon ses promoteurs, le référentiel de l’Étiquette bien-être animal combine des obligations de moyens mais aussi de résultats, avec des observations directes sur l’animal. La méthode a par ailleurs l’avantage de permettre la price en compte des dispositifs et normes déjà en place dans les différents États membres.

En outre, le système est déclinable sur le plus d’animaux et filières possibles, avec un référentiel technique propre à chaque espèce. Le champ d’observation porte sur l’ensemble de la vie de l’animal : naissance, élevage, collecte mais aussi transport et abattage. Il inclut l’évaluation des parentaux, une des exigences de la Commission. Et pour finir, le référentiel de l’AEBEA couvre tous les produits, y compris transformés, et a vocation à être utilisé par les acteurs de la restauration hors domicile.

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