Métavers: la promesse de l’immortalité?

Faire des emplettes, assister à un concert, réaliser des démarches administratives… Le métavers regorge de possibilités. La dernière en date : interagir avec les avatars de musiciens décédés comme Notorious BIG Une initiative pas si nouvelle qu’il n’y paraît…

Vivre éternellement. Le thème a été régulièrement exploré par la science-fiction, notamment en 1994 dans La Cité des permutants de Greg Egan. Le romancier australian y imagine un futur o il est possible de sauvegarder l’intégralité des connexions neuronales du cerveau humain et de les faire évoluer dans un environnement virtuel. Les riches se servent de cette technologie pour réaliser des copies numériques d’eux-mêmes, et ainsi devenir immortels.

La réalité semble avoir rattrapé la fiction grâce au métavers, cette doublure numérique du monde physique peuplée d’avatars d’anonymes et de célébrités. Snoop Dogg et Paris Hilton ont le leur, tout comme bientôt Notorious BIG Le rappeur new-yorkais, assassiné le 9 mars 1997 à l’âge de 25 ans, reviendra à la vie sous la forme d’un avatar hyperréaliste.

Cette nouvelle incarnation du musicien légendaire évoluera dans The Brook, un métavers recréant le Brooklyn des années 90. Il a été créé par les start-up Burst et Surreal Events pour permettre aux mélomanes de se plonger dans “l’univers de l’un des plus grands MC’s de tous les temps- The Notorious BIG”. “Entrez dans son monde et découvrez le Brooklyn de la vieille école et les racines de la culture hip-hop comme vous ne l’auriez jamais imaginé”peut-on lire sur le site officiel de l’initiative.

The Brook sera lancé officiellement à la fin de l’année, même si les fans de Notorious BIG pourront le découvrir en avant-première en achetant des NFT ou des billets sur Ticketmaster. Ces jetons non fongibles, mis en vente dès le 3 juin prochain, leur permettront également d’accéder à des services exclusifs de ce métavers tels que des concerts virtuels.

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Une voie vers l’immortalité ?

Il ya fort à parier que d’autres musiciens défunts reviendront à la vie dans le métavers. Certains, comme Freddie Mercury, Michael Jackson et Ray Charles ont déjà été ressuscités grâce aux hologrammes. Cette technologie a notamment été utilisée au printemps 2012 durant le concert de clôture du festival Coachella. À cette occasion, le rappeur americain tupac a interprété deux titres aux côtés de ses anciens camarades, Snoop Dogg et Dr. Dr.

Si certains imaginaient que l’utilisation des hologrammes se généraliserait dans le monde du divertissement, elle reste cependant assez marginale. La raison : le coût très élevé de telles prestations. Les deux chansons de Tupac ont coûté entre 100 000 et 400 000 dollars à produire, selon les informations de MTV News.

Avoir recours à un avatar est bien moins onéreux. Comptez 0.18 ether (environ 330 €) pour l’un des 6888 mannequins virtuels de The Guardians of Fashion, une agence artistique basée dans le métavers. Cet investissement peut être amorti en faisant participer ces top models d’un genre nouveau à des défilés de mode virtues ou encore à des clips musicaux.

Les possibilités qu’offre le métavers semblent infinies. À tel point que certains pensent y trouver une voie vers l’immortalité. C’est le cas d’Artur Sychov, le PDG et fondateur de Somnium Space. La mort fulgurante de son père des suites d’un cancer a servi d’inspiration pour Live Forever, l’une des futures fonctionnalités de sa start-up. Le principe est simple : les utilisateurs pourront stocker leurs mouvements et leurs conversations sous forme de données sur la plateforme, puis les dupliquer pour en faire un avatar à leur effigy. Ce clone parlerait, se comporterait et penserait comme eux, même après leur mort.

Pour Artur Sychov, cette fonctionnalité permettrait de créer une copie parfaite d’un être biologique. “Littéralement, si je meurs — et que mes données ont été collectées — les gens pourront venir, ou mes enfants pourront venir et avoir une conversation avec mon avatar, qui aura ma uelle, ma voix”at-il expliqué au magazine Vice. “En fait, on va vraiment pouvoir rencontrer la personne. Peut-être même que pendant les dix premières minutes, on ne devinera tout simplement pas qu’il s’agit d’une IA. C’est le but”. Cela pourrait-il permettre à terme de recréer la conscience d’un individu ? Seul l’avenir le dira.

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