Orque dans la Seine : ne pas agir ou lui porter assistance, l’épineuse question de l’intervention humaine

Aperçue pour la première fois le 16 mai, une orque erre dans la Seine, entre Honfleur et Le Havre. Elle semble dans un mauvais état de santé. Intervenir ou pas, la question se pose, mais les avis divergent.

Faut-il porter assistance à l’orque coincée dans l’embouchure de la Seine, dont l’état de santé se dégrade et donc le pronostic vital semble engage ? Alors qu’une intervention présente de sérieux risques, d’autres spécialistes des cétacés pensent qu’une assistance est envisageable.

Le risque de lui nuire en intervenant

Cette orque mâle adulte remontant la Seine serait en très grande difficulté. “Le pronostic vital est engage. On est vraiment très inquiets. Son état de santé est très dégradé”, explique Gérard Mauger, vice-président du GECC, une association d’observation des cétacés du Cotentin, à l’AFP citée par nos confrères de Paris Normandie.

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L’animal, actuellement en direction de Rouen, n’est pas fait pour rester dans l’eau douce. “Ça va accélérer la dégradation de son état de santé. Elle est très loin de la mer. C’est vraiment compliqué de trouver des solutions pour essayer de l’inciter à reprendre le chemin de l’eau salée”, ajoute-t il.

Conséquence, intervenir est un réel risque, car sachant que l’orque est une espèce protégée et qu’une intervention, provoquant du stress pourrait lui nuireles spécialistes se retrouvent confrontés à l’interdiction formelle de “perturber intentionnellement” cet animal, explique Paris-Normandie.

Porter “assistance” à l’orque

Si la situation laisse donc présager d’un avenir plutôt pessimiste pour l’animal, un autre son de cloche donnait un peu d’espoir ce vendredi 27 mai, sur les ondes de FranceInfo. Alexandre Gannier, docteur en écologie marine, spécialiste des cétacés, était invité de la matinale et selon lui, une est envisageable.

Selon lui, l’opération ne consisterait pas en un sauvetage, mais plutôt à donner un coup de pouce à l’orque, pour l’aider à retrouver le chemin de son environnement.

Il s’agirait ainsi “avec un canot semi-rigide, avec beaucoup de douceur, beaucoup de patience, gentiment suggérer à l’orque la direction à prendre pour sortir de ces méandres de la Seine”, suggère le spécialiste. Favorable à cette option, l’ONG Sea Sheperd a d’ailleurs proposé de prêter des embarcations aux services de l’Etat pour tenter d’aider l’orque.

Afin de protéger au maximum l’animal en détresse, un arrêté a été pris, interdisant la navigation à “moins de 100 mètres de l’animal”.

Agir ou non, la question reste pour l’heure en suspend, mais pour Alexandre Gannier, le constat est clair : “Si l’orque reste en place comme cela pendant des semaines, il va mourir”.

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