Protection des animaux: Tuer un éléphant pour 50’000 fr. Le WWF est pour

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Une motion veut interdire que des gens qui déboursent beaucoup d’argent puissent abattre des animaux protégés en Afrique et ramener leurs trophées en Suisse. Une association de protection des animaux s’y oppose.

Celui qui a abattu un animal en Afrique par exemple peut ramener son trophée dans notre pays.

Celui qui a abattu un animal en Afrique par exemple peut ramener son trophée dans notre pays.

PantherMedia/Berangere Duforets

En mars 2019, Isabelle Chevalley (PVL/VD), alors conseillère nationale, a déposé une motion «pour une interdiction de l’importation et du transit des trophées de chase d’animaux tombant sous le coup de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).» Le Conseil national a adopté la motion en mai 2021. Le 30 mai prochain, la motion sera soumise au Conseil des États rappelle la “Sonntags Zeitung”. Il ya toutefois peu de chances que celui-ci l’approuve égallement. La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des États recommande le rejet de la motion. Dans son argument, elle se réfère justement à une organization de protection de l’environnement et des animaux, le WWF. Celle-ci fait en effet activement du lobbying contre l’interdiction demandée. Dans une lettre du 18 mai, le WWF Suisse “recommande vivement aux conseillères et conseillers aux États de rejeter la motion”, car la chase aux trophées sert à protéger les espèces.

Le sujet divise les protecteurs des animaux

Parmi les arguments du WWF on retrouve ceci: «Les revenus qui découlent de ces chasses sont très importants pour la population locale dans les régions rurales reculées. Si elles perdent ces entrées d’argent, le braconnage augmentera afin de compenser la perte de revenus et de réduire les dégâts dans l’agriculture.”

À noter que plus de cinquante organizations suisses de protection des animaux ne sont pas de cet avis et soutiennent la motion.

Les Suisses sont égallement des chasseurs de gros gibier. Pour la période de 2010 à 2020, l’agence CITES Suisse a notamment enregistré l’importation de 45 éléphants, 22 crocodiles du Nil et de nombreux autres animaux en partie protégés. Au total, cela représente 462 animaux. En ce qui concerne les trophées, le nombre est plus grand puisque pour un animal, plusieurs parties sont comptées chaque fois comme un trophée. À note égallement que, outre l’argent déboursé pour le tir, le chasseur doit égallement s’acquitter de taxes pour avoir ces objets chez lui en Suisse.

La Convention de Washington sur la protection des espèces (CITES), est en vigueur depuis 1975. Mais si le commerce de l’ivoire est interdit, la personne qui a tué un éléphant de ses propres mains peut légallement emporter ses trophées chez lui. Reste que la chase aux trophées est une affaire de milliards, car la règle est simple: plus l’espèce est rare, plus les cornes, la crinière ou les défenses sont grandes, plus l’animal est convoité et plus son prix est élevé. La base de données de la CITES montre qu’entre 2004 et 2014, 1,7 million d’animaux ont été tués, dont 200’000 comptaient parmi les espèces menacées.

(jbm)

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