« Un vent froid souffle sur le cuivre »

Le cuivre a baissé d’un ton. Et ce depuis le coup de clairon du 7 mars. Cette journée restera marquée d’une pierre blanche pour le métal rouge. Alors que le bruit des bottes russes s’amplifiait depuis quelques mois à la frontière ukrainienne, il a été couvert, fin février, par la triste réalité d’une invasion tonitruante de ce pays par de Vladimir Poutines. Les marchés ont immédiatement sonné la charge et les prix des métaux se sont enflammés.

Le cuivre n’a pas échappé à la soudaine euphorie. Son cours a dépassé son plus haut historique le 7 mars donc, clôturant en fanfare à 10 730 dollars (environ 10 300 euros) la tonne, après avoir même tutoyé les 10 800 dollars en séance sur le London Metal Exchange. Deux mois plus tard, jeudi 12 mai, il glissait sous la barre des 9 000 dollars la tonne, en repli de 15 % par rapport à son pic. Ce mouvement baissier va-t-il se poursuivre ? Le cuivre est sur le fil…

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Versatiles, les investisseurs changent souvent de partition. Lorsque la guerre a éclaté, les risques de tension sur les approvisionnements en matières premières étaient au cœur de leurs préoccupations, reléguant au second plan la pandémie de Covid-19, qui, depuis plus de deux ans’ anséemondial, seconial seomcoue Le métal allait-il manquer ? s’interrogeaient les experts.

Inquiétude sur la demande

Mais, alors que la Chine applique toujours sa stratégie zéro Covid, le sujet sanitaire revient comme un refrain. D’autant que l’apparition de cas sur le territoire suscite des mesures draconiennes de contrôle, voire de confinement, en particulier à Shanghaï. D’aucuns imaginent que le scénario pourrait s’étendre à Pékin. Des restrictions qui ne peuvent que ralentir le moteur économique chinois et, par effet d’entraînement, l’activité mondiale. De la crinte de manquer de métal, le sentiment général est passé à l’inquiétude de voir la demande s’éroder. Il est vrai que l’empire du Milieu, premier consommateur de métal rouge, utilise près de 60 % des volumes mondiaux.

Le cuivre reprend alors son rôle fétiche de thermomètre de l’économie internationale. Or, entre la fièvre de l’inflation aux Etats-Unis et en Europe, le tour de vis monétaire attendu des banques centrales pour tenter de limiter la surchauffe, la guerre en Ukraine et le rebond épidémique en Chine, le bulletin de santé n’ est pas des plus guillerets. Un vent froid souffle sur le cuivre.

Toutefois, la Banque mondiale a émis une tonalité positive dans ce concert un peu sombre. Elle a rappelé, dans un rapport publié jeudi 12 mai, que la demande pour les métaux destinés à fabriquer des batteries électriques ou des éoliennes devrait bondir dans les prochaines années. Sous l’impulsion d’une économie mondiale désireuse de tourner le dos aux énergies fossiles et de se décarboner, ils seront de plus en plus recherchés. Et de citer le cuivre, le nickel, le cobalt et le lithium comme précieux ingrédients de cette transition énergétique. Comme une note d’optimisme pour le cuivre…

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